Steven Perry
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Il est des étudiants que nous avons complètement perdus de vue. Ils ont laissé une marque profonde dans nos souvenirs, mais ils n’ont jamais donné de nouvelles. On croit qu’on n’entendra plus jamais parler d’eux, et puis…
Et puis un jour, surgi du passé, l’un ou l’autre réapparaît, soit en poussant la porte du bureau suivi de femme/mari et enfant(s), soit en nous envoyant un courriel.
C’est par cette seconde voix que Steven Perry a choisi de se manifester après plus de vingt ans de silence.
« Je m'appelle Steven Perry (USA) and j'étais un étudiant au Collège en 1985-86 et un des premier boursiers qui a travaillé avec l'équipe d'animation. Je compte toujours les années que j'ai passé à Cannes celles des meilleures de ma vie! » |
Steve ! Celui qui a joué dans dix huit pièces de théâtre, qui était à l’aise dans tous les rôles – un vrai caméléon, Steve, le partenaire préféré de Rebecca Rassier, une étudiante pour qui il restera toujours son héros de théâtre, de Marian Bugter, une étudiante hollandaise avec qui il formait des duos désopilants, de Yozo Mita, un Japonais peu banal, d’Anemieke, une autre Hollandaise hilarante, d’Henrik Schyffert, son « petit frère » du temps du Collège, devenu une véritable star en Suède et en Finlande. Steve, la vivacité, la fantaisie, la fougue et parfois même le grain de folie. Qu’est-il devenu ?
A son retour aux U.S.A., il a continué à « faire l’acteur ». Après avoir obtenu son diplôme, il a travaillé plusieurs années à Washington D.C pour des films publicitaires. Puis il s’est expatrié au Japon, à Kyoto, où il a enseigné l’anglais et appris le japonais. De retour aux Etats-Unis, il a renoué avec les clips publicitaires et, en travaillant avec des acteurs sourds, il a découvert le langage des signes. Une révélation et deux ans d’études supplémentaires ; grâce à quoi il travaille maintenant à Gallaudet University, la seule université au monde créée pour les sourds. Pour lui, l’utilisation dans son travail du langage des signes représente la combinaison idéale de son amour des langues et de son goût pour le théâtre. « Pas riche mais très très content » écrit-il depuis Arlington (Virginie).
Sur la photo qu’il nous envoie, Steve a bien changé. Toujours cette même surprise lorsque nos « anciens » viennent nous voir après plusieurs années : on se souvient d’eux comme étudiants, et ils sont devenus… des adultes, avec des têtes… d’adultes !
En reprenant contact avec nous, Steve a été « bouleversé de souvenirs ». « Avant de venir au Collège, écrit-il, je n’avais même pas rencontré un Canadien aux U.S.A., et maintenant à 42 ans, je peux dire que j’ai des amis suisses, suédois, islandais, allemands, anglais et beaucoup d’autres, dont bon nombre de Français. Les soirs que nous avons passés ensemble, parlant des heures et des heures dans le cour sous les palmiers, sans Ipods, sans Blackberrys, sans laptops et sans e-mail même, resteront toujours dans mon coeur... ». Le temps a passé, certes, mais bientôt – l’été prochain sans aucun doute - Steve bouclera la boucle : à son tour, il apparaîtra à la porte du bureau, avec à la bouche une réplique qui nous fera remonter 20 ans en arrière, et au-dessus, des « blues eyes » pleins de malice.
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