Au Collège, parmi les professeurs, il y a deux Annick, la brune et la blonde, mais pour les distinguer l’une de l’autre, les étudiants, quand ils veulent dire qu’ils sont dans la classe d’Annick la blonde, ne disent pas « la blonde ». Ils lèvent les mains de chaque côté de leur visage, l’une plus haut que l’autre, pour expliquer la coiffure asymétrique qui est le signe distinctif d’Annick Merlo depuis… depuis ses débuts au Collège. C’était en 1981, et si la coiffure n’a pas changé, il en va de même pour la taille. Annick a gardé son profil filiforme d’adolescente, une particularité qui laisse ses collègues pantoises, car Annick est gourmande et ne refuse jamais un supplément de profiteroles au dessert. Peut-être le secret tient-il dans les longues promenades qu’elle fait dans l’Estérel ; des balades dont elle ne se priverait pour rien au monde, elle qui est amoureuse de la Côte d’Azur et de la Provence, paysages et traditions dont elle transmet la passion à ses étudiants dans le séminaire de société française.

Dans ses cours de langue, Annick est connue comme Madame rigueur, et pas seulement dans le domaine de la grammaire. Elle est également exigeante sur la tenue des étudiants. Pas question d’entrer en cours avec les écouteurs du i-pod dans les oreilles ou en tenue de plage. La classe, c’est la classe. Même pendant l’été, on peut être « estival » sans s’abandonner au laisser-aller. Le bronzage à l’extérieur n’exclut pas qu’on soit structuré et discipliné à l’intérieur. Cette discipline, Annick l’a fait sienne depuis bien longtemps, elle que les épreuves n’ont pas épargnée mais qui a toujours fait face avec vigueur. Se tenir droit, toujours. Elle est comme ça, Annick.
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