
C’est presque timidement qu’Annemarie se présente au bureau. « J’étais étudiante au Collège il y a trente ans ».
Trente ans, cela nous ramène à l’époque où le Collège de l’année académique n’était qu’un « mini-Collège » installé à l’entrée de la Bibliothèque Municipale de l’avenue Jean de Noailles. Annemarie se rappelle : « je suis arrivée le mois où il y a eu le tsunami ». Effectivement, il y a bien eu un tsunami en octobre 1979, causé par l’effondrement de la digue qui était en construction à l’aéroport de Nice dans le cadre du chantier de prolongation de la piste d’atterrissage. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’on apprit en France ce qu’était un tsunami.
Pour Annemarie, le français a été son tsunami personnel, mais dans la catégorie « gentil tsunami ». C’est en prenant des cours de français à l’Université qu’elle a rencontré son mari. A Cannes, en même temps que les cours au Collège, elle a fait un stage à l’hôpital des Broussailles dans le service de gynécologie, dont elle deviendra spécialiste. C’est aussi à Cannes qu’elle s’est liée d’amitié avec Sylvia Vidler, l’un de nos professeurs de l’époque, décédée depuis. Un autre style. Une autre époque où l’apprentissage était presque une affaire de famille.
Aujourd’hui, Annemarie est à la retraite. Son mari parle toujours le français, mais il l’entraîne désormais vers une autre langue, l’espagnol car il est président du Comité de jumelage Tolède/Aix-la-Chapelle. |