Pour les étudiants de niveau B2, une tâche pédagogique pour « écrire son regard »
1 - Je rends compte de mon expérience de spectateur devant un tableau de maître.
ECRITURE CREATIVE IDENTIFIER / COMPRENDRE / DIRE POURQUOI ON AIME
Descripteur : Ecrire une description élaborée, claire et détaillée, dans un texte articulé, en respectant les règles que l’on m’a fixées. Je peux développer une argumentation méthodique.
Les visites de musées proposées dans le programme animation de l’école offrent de nombreuses pistes pédagogiques en préparation de ces visites ou à leur suite :
Ecrire son regard : rendre compte de son expérience de spectateur devant une œuvre visuelle.
Exprimer ses sentiments ou ses émotions.
Commenter une œuvre.
Comparer les travaux d’artistes contemporains avec les chefs d’œuvre qui les ont inspirés.
Raconter en 1’30 l’histoire d’une œuvre d’art.
Proposer une explication artistique de l’œuvre.
Raconter une anecdote sur le tableau.
Raconter l’histoire de l’œuvre et les intentions du peintre : vous pouvez opter pour
Outils :
Quelques termes à votre disposition :
être amateur de, être passionné de, avoir du talent, être doué pour/en, avoir un don pour,
une exposition, une reproduction, une collection, un vernissage, une galerie d’art, un chef-d’œuvre,
un jugement esthétique, un croquis, une esquisse, une ébauche, un modèle, une palette,
au premier plan, au second plan, un tableau abstrait, figuratif,
en premier lieu, ensuite, de plus, en outre, enfin, pour conclure
en effet, d’ailleurs, par conséquent
donner une dimension esthétique à son travail
la continuité
la rupture
des échos avec
un message
décoder
Le genre
portrait/autoportrait
paysage
nature morte
les scènes de genre (scènes d’intérieur ou scènes de rue)
la commande l'exécution, histoire, origine
la lumière (directe ou indirecte, naturelle ou artificielle)
la couleur (dominantes chaudes ou froides, complémentaires, dégradées)
le choix de la gamme colorée : tons froids (violet, indigo, bleu) ou chauds (jaune, orangé, rouge), camaïeux, tons purs, couleurs claires ou assombries)
les touches de pinceau
les ombres portées.
les lignes de force qui composent l’image
le point d’observation (plongée ou contre-plongée)
une période, un mouvement
susciter
une réflexion sur
une vision du monde/de la société
Conseils : vous pourrez opter pour le regard du professionnel ou pour celui du poète.
Le regard du professionnel - l’objectif sera avant tout de fournir des éléments qui permettent de mieux connaître, comprendre et apprécier la peinture dont il est question. Le texte s’efforcera donc de conserver une certaine objectivité dans le ton et le locuteur ne parle pas à la première personne. Son propos peut être :
- d’une part un constat descriptif qui se borne à identifier clairement ce qu’on voit sur le tableau,
- d’autre part, un jugement de valeur adoptant une position critique qui s’efforce de mettre en évidence les qualités de l’œuvre. Veillez à ne pas vous laisser aller à la confidence personnelle ni à la subjectivité mais plutôt à souligner des qualités qui peuvent être universellement appréciées.
- Enfin, un commentaire érudit qui s’efforce de proposer des éléments d’interprétation en puisant dans la tradition historique.
ou
Le regard du poète - qui donne un libre commentaire où s’exprime avec force ses réactions personnelles. Vous penserez à glisser par exemple de la subjectivité dans la description, à utiliser des noms qui témoignent de votre jugement personnel. Il peut être intéressant d’intégrer des précisions concernant le lieu, imaginaire ou pas, où l’on se trouvait lorsqu’on a découvert le tableau. L’essentiel est évidemment de parvenir à exprimer le plaisir que procure l’image, comment et pourquoi on éprouve ce plaisir, laisser aller son esprit et sa plume.
EXEMPLE :
BALLA Giacomo - L’escalier des « au revoir »
Trois femmes (dont une, difficile à percevoir) descendent l’escalier d’un immeuble. Elles se sont retournées pour un dernier « au revoir », sans se douter que la disposition générale des lieux confère à cet ultime salut la signification d’un adieu.
Sans doute, n’est-ce là qu’un moment anodin de la vie de tous les jours. Nous ne pouvons, toutefois, nous empêcher d’y voir quelque épisode dramatique : le gouffre vers lequel elles glissent va bientôt les avaler ! Et le sourire de ces femmes d’ajouter à l’étrangeté de la scène. Dans leur désir de prolonger encore un peu l’effusion de la rencontre, elles ne peuvent prendre l’exacte mesure de la situation, à savoir que « le sol s’ouvre sous leur pas ». Que penser, à ce sujet, de cette spirale vertigineuse que le peintre a voulu fixer sur sa toile ? Et de cette rampe qui, plus qu’une protection, constitue le plus sûr moyen d’accéder à la bouche d’ombre?
En matière de peinture, l’heure est aux expériences. Après Degas, Caillebotte ou Pissaro, Balla, à l’instar des photographes, nous offre une superbe plongée. On sait d’ailleurs qu’il sera bientôt l’un des maîtres du Futurisme. Mais, pour l’heure quelque chose le retient au passé, notamment au dernier avatar du romantisme : l’approche symboliste du monde. En cadrant ses personnages de la sorte, Balla est à deux doigt de peindre une scène de cauchemar. Ne saisit-il pas ce moment où le côté rassurant des choses n’est donné que pour être subrepticement détraqué ? Un récit fantastique pourrait débuter de la sorte.
« Cueillies » en douceur par la machine infernale que se trouve être ce dispositif en forme de vis, ces femmes, vont voir leur espace vital progressivement diminuer. Et le personnage en noir, qui accompagne ces visiteuses, de se révéler soudain à nos yeux : la Mort, qui a fait le trajet de l’aller avec ces femmes, repart avec celles qui vont devenir ses proies. Leurs civilités accomplies, ces bourgeoises seraient-elles en train de prendre congé de l’existence ?
La cage d’escalier se change peu à peu en un foyer d’ombre accumulée. De sorte que chaque marche, comme chaque barre de soutien de la rambarde, devient l’élément discret d’un continuum où les personnages vont s’abîmer.
2 - A partir de ce tableau, vous prendrez comme modèle un des escaliers du Collège qui montent aux salles 7 et 8 ou aux chambres.
Vous choisirez de le « capter » librement : en le dessinant, en le prenant en photo, en le peignant, en faisant un collage…
Vous donnerez un titre à votre production en complétant la phrase proposée:
L’escalier du/de la/des…
Vous raconterez ce qu’évoque cet escalier pour vous : votre arrivée, une rencontre, l’effort…
Vous ferez un commentaire écrit qui expliquera votre parti pris et le choix de l’angle sous lequel vous avez pris par exemple votre photo…
Ces productions pourront faire l’objet d’une exposition « Rencontre avec l’artiste » durant laquelle les participants avisés pourront répondre aux questions des visiteurs.
3 - Un débat peut être engagé sur le thème :
(Modérateur : Madame Corrie LEFEBVRE, Professeur d’histoire de l’art)
Commenter une œuvre d’art, est-ce l’enrichir ou la dénaturer ?
L’art est-il seulement une affaire de sentiment ?
Pour goûter une œuvre d’art, faut-il être cultivé ?
Comment peut-on juger une œuvre d’art ?
Comment comprendre qu’une œuvre d’art survive à l’époque qui lui a donné naissance ?
A quoi reconnaît-on une œuvre d’art ?
Fichiers annexes téléchargeables :
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3 |