En principe, M. Hirata aurait dû faire partie du groupe japonais qui a séjourné au Collège pendant deux semaines. Pour lui, ce stage cannois aurait été le sixième. Mais le sort en décidé autrement. Quelques jours avant le départ, M. Hirata est décédé pendant un entraînement de karaté, un sport dont il était grand maître (septième dan). Pour Kei Shionoya, son ami de toujours et organisateur du séjour au Collège, le choc a été rude, et pour nous aussi, qui avions établi avec M. Hirata des rapports quasiment familiaux.
Il faut dire que M. Hirata était une personne hors du commun. En plus du français qu’il apprenait pour le plaisir, il parlait couramment l’anglais et le mandarin, ce qui lui était particulièrement utile dans son activité professionnelle : l’import-export de produits dangereux (en particulier les feux d’artifice). |
 |
 |
Mais jamais il ne s’est présenté comme un chef d’entreprise de dimension internationale. Chaque année, il venait vers nous avec une simplicité souriante et affectueuse. Son séjour parmi nous, c’étaient ses vacances, étudiant parmi les autres étudiants qui pourtant avaient quarante ans de moins que lui. Et il n’était pas le moins malicieux d’entre eux.
Kei nous raconte qu’après ses journées de travail dont il rentrait toujours très tard, M. Hirata prenait un bain et qu’il profitait de ce moment de détente pour réviser ses cours de français, raison pour laquelle ses livres étaient parfois un peu humide, car il lui arrivait de s’endormir au milieu de sa lecture.
Un grand entrepreneur, une personnalité touchante, un érudit… M. Hirata était tout cela en même temps, et surtout un ami cher à notre cœur. |
|