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Josette fait partie des personnes que les étudiants ne voient jamais. Et pourtant, elle est bien là, dans la légumerie de la cuisine, où ne peuvent entrer que les personnes habilitées (calot et sur chaussures obligatoires). Depuis1989, elle a vu passer bien des chefs et essuyé bien des orages. Il est vrai que les cuisines ne sont pas des endroits de tout repos et que les coups de gueule y sont souvent associés aux coups de bourre... Malgré sa fragilité apparente et des moments difficiles, Josette a tenu bon. Certes, il y a encore des moments de tension, mais cela n’a plus rien à voir avec les crises du passé. Le travail est toujours éprouvant - les mains sont souvent dans l’eau froide pour laver les salades, elles sont aussi mises à rude épreuve pour l’épluchage des légumes (le salad bar est très gourmand de légumes frais) - mais Josette épluche et frotte avec opiniâtreté, et met un point d’honneur à ce que tout soit impeccable.
Il y a quelques années, elle a dû faire face à une épreuve inattendue : pour cause de restructuration de son quartier, elle a dû quitter son appartement, et pourtant elle l’aimait son « chez soi » , là où elle avait élevé ses quatre enfants. Il lui a fallu déménager, laisser les bulldozers emporter les souvenirs. Ses deux fils et sa fille aînée étaient déjà partis s’installer dans les environs. Seule la cadette est encore avec elle, et désormais il y a aussi trois petits enfants (et même un quatrième en préparation), ce qui lui permet de cultiver l’art d’être grand-mère en toute sérénité.
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