Claudie est la grande dame blonde que l’on croise partout : à la salle à manger, à la cuisine, dans les étages, à la réception et aussi dans le bureau des services généraux. Elle organise, planifie, surveille, et quand il le faut, décape. Elle ne recule devant aucune tâche, aucun défi, et pourtant ils sont nombreux car la maison est grande et l’équipe forte d’une quarantaine de personnes. Mais Claudie n’a pas peur des responsabilités. Gérer, diriger, s’adapter, c’est dans sa nature.
Certains peuvent la trouver abrupte, mais Claudie n’aime pas tergiverser, elle va droit au but. Il faut que ça marche, et que ce soit nickel, qu’il s’agisse de la propreté des chambres ou des sanitaires, de la qualité des repas ou bien encore de la ponctualité ou de la disponibilité de tous vis-à-vis des étudiants. Elle est exigeante avec son personnel mais elle l’est tout autant avec elle-même. L’exemple doit venir d’en haut. Avec elle, le principe d’autorité se double du principe d’adhésion : on la suit parce qu’on sait qu’on participe à une tâche et à un projet véritablement partagés.

Claudie a la solidité et la ténacité des gens du Nord, la région dont elle est originaire et où ses emplois successifs l’ont habituée à être dure à la tâche. Dans le Nord, elle y retourne quand elle arrive à voler quelques jours à son emploi du temps. En compagnie d’Yves, son mari, elle va rendre visite à Johnny, son fils aîné. Mais il y a aussi Thierry à Montpellier et Nico à Monaco, sans oublier Sylvie qui, elle, est restée dans la région cannoise. En tout quatre enfants, et huit petits enfants. Ceux que l’on croise le plus souvent au Collège et qui viennent rejoindre « mamy » sont Téo et Ugo, les deux garçons de Sylvie. Et avec eux, il faut que « ça marche droit ». On dit « merci » et « s’il vous plaît » et on apprend que dans la vie, il faut bosser. Dans cette famille, Claudie est une figure à la fois exemplaire et tutélaire, une de ces personnes dont on dit qu’on n’en fait plus comme elle car « le moule est cassé ». Hélas.
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