Pistes de réflexion après le premier stage sur l’évaluation.

Adopter une nouvelle approche méthodologique c’est, à la fois, changer dynamique et activités de classe, mais aussi savoir adapter les pratiques d’évaluation aux nouveaux objectifs et aux apprentissages souhaités.
L’approche actionnelle, basée sur le développement des compétences sous-jacentes à la pluralité des activités langagières mise en oeuvre, présente un vrai défi aux enseignants.
Si le changement des pratiques de classe semble se faire sans de gros bouleversements, la question des mutations au niveau de l’évaluation se pose toujours. En effet, toute la tradition en évaluation en langues étrangères était basée sur la mesure des acquis en matière de contenus. Comment passer donc de l’évaluation des savoirs à l’évaluation des savoirs-faire (qui implique toutefois la maîtrise de contenus à mobiliser dans les activités langagières) ?
Dans ce stage nous avons apporté plusieurs réponses à ce problème qui nous concerne tous
en comparant l’évaluation des contenus à l’évaluation des compétences,
en réfléchissant aux activités permettant de conduire à une évaluation cohérente et précise,
en proposant des stratégies visant l’évaluation des contenus en contexte d’activités langagières et des critères précis de valorisation à appliquer.
Nous avons aussi traité de l’évaluation des différentes activités langagières :
- en ce qui concerne la réception et la production de l’écrit, l’analyse d’exemples de tests d’évaluation nous a permis de mettre en évidence entre ce que ces tests proposent d’évaluer et ce qui est effectivement mesurable à partir de ces instruments
- en ce qui concerne l’évaluation de la production et de l’interaction orales, nous sommes partis d’expériences concrètes pour débattre des difficultés
puis,
nous avons pratiqué une série d’outils visant l’évaluation spécifique de chacune de ces activités langagières. Nous avons également introduit et illustré la notion de tâche globale visant l’évaluation systématique de toutes les activités autour d’un même contexte actionnel de base.
Les stagiaires du premier cours ont désiré laisser, avec le sourire, quelques pistes de réflexion à ceux qui nous rejoindrons dans une semaine :
Teofilo BRAVO ORTEGA
"On a besoin d’évaluateurs formés"
"Il faut expliquer le pourquoi de la note"
"la finalité du travail d’évaluateur n’est pas de fabriquer des bilans mais de porter les apprenants vers un niveau supérieur"
"La personne qui évalue doit avoir bien tête les critères et les objectifs de son évaluation"
"La note, si note il y a, doit être accompagnée de conseils pour remédier aux erreurs"
"Il faut tenir compte de la qualité de réalisation de la tâche"
Candida MELENDRE HOYOS
"L’évaluation doit tenir compte du parcours de l’apprenant"
"Elle doit être adaptée au niveau de l’apprenant"
"L’évaluateur ne doit pas avoir trop d’empathie avec l’apprenant"
Lacramiora DUMITRACHE
"On doit tenir compte des limites des gens"
"On ne doit évaluer ni les gens ni seulement les connaissances mais les compétences"
"On doit respecter le candidat"
"Une évaluation mal faite peut avoir des conséquences graves"
"Pour une bonne évaluation, la note doit être accompagnée d’un commentaire" |