N°2 Février 2008
Raconte-moi une histoire
Le passé-simple, ça
s’utilise encore ?
Pour répondre à cette
question et après avoir revu la structure du conte à travers
quelques récits de Grimm et Perrault , les étudiants
se sont lancés dans l’écriture d’un
récit (en petits ateliers ).
Une image, un titre et une
phrase de dénouement constituaient le point de départ
de cette aventure .
Après quoi les étudiants « s’acheminèrent
sur les sentiers de leur imagination », sans oublier
d’utiliser les temps du passé, le passé simple
surtout, précédemment étudié en
classe .
Exemple d’un récit .Niveau de la classe :
B2 .
La Porte défendue
par Michelle et Vittoria
Il était une fois une
porte que personne ne pouvait ouvrir…Elle se trouvait
dans un palais extravagant où habitait une jeune femme.
Cette dernière était « cossue » mais
toute seule dans cette demeure qu’elle avait héritée
de sa grand-mère. Elle n’avait pas besoin de
travailler mais elle s’ennuyait tout le temps. C’est
la raison pour laquelle elle avait commencé à écrire
des contes pour enfants.
Un jour, elle s’aperçut qu’elle avait
perdu l’inspiration. Elle ne pouvait plus dormir et,
pendant la journée, son cœur était lourd
comme un rocher .
Un soir, à minuit, elle entendit le claquement d’une
porte …
Elle se leva, alla au fin fond du couloir et découvrit
que la porte défendue était ouverte. Mais quand
elle s’en approcha, la porte mystérieuse se
referma !
Elle essaya de l’ouvrir mais n’y parvint pas.
Le lendemain, elle voulut voir ce qu’il y avait derrière
cette porte mais elle restait fermée et la jeune fille
n’accéda pas à la pièce d’à côté.
Alors elle décida d’attendre minuit pour voir
ce qui se passerait. Mais ce soir là, elle était
vraiment fatiguée et s’endormit …
Le lendemain matin, elle se souvint de sa décision
puis… elle l’oublia jusqu’au soir.
Le troisième jour, elle se promenait dans le jardin
en pensant à la porte défendue quand soudain,
un petit oiseau gazouillant sur un arbre la regarda et chanta : « Ma
belle fille, si tu ne veux plus t’endormir si tôt
le soir, mange cette pomme rouge ! »
La jeune fille lui obéit et mangea la pomme. Et ce
soir-là, elle garda les yeux grand ouverts et resta
debout jusqu’à minuit.
Après les douze coups de l’église, la
sorcière du village entra dans sa maison. La jeune
fille la vit aller jusqu’à la porte défendue
et tourner la poignée. Et quel miracle ! La porte
mystérieuse s’ouvrit. La sorcière y pénétra
et disparut. La jeune femme la suivit et la rattrapa par
le bras.
«
Comment as-tu fait pour entrer dans cette pièce ? » lui
demanda-t-elle. La sorcière lui répondit : « Il
te suffit de me le demander et je ne pourrai plus t’en
interdire l’entrée ! »
La jeune femme fut surprise de recevoir une telle réponse
de son ennemie et soudain, la chambre apparut devant ses
yeux. Derrière cette porte, il y avait tout ce que
l’on ne peut percevoir qu’avec l’âme:
tout était mouvant et on ne voyait jamais la même
chose. Elle y vit donc des milliers de plumes teintées
des plus brillantes couleurs qui s’envolaient jusqu’au
plafond doré comme autant d’oiseaux tropicaux
! Les plumes changeaient de formes, de couleurs, mélangeant
leurs nuances les unes dans les autres; elles suivaient le
rythme solennel d’une danse ancienne et peignaient
l’air des espoirs et désespoirs les plus secrets
du cœur de la jeune femme. Elle était si heureuse
qu’elle fit deux chapeaux de plumes, un pour elle-même
et l’autre qu’elle apporterait à la sorcière
du village. Elle s’aperçut que soudain la lourdeur
de son cœur s’était envolée !
La sorcière devint sa meilleure amie et le jour suivant,
assise sur un banc du jardin, elle eut l’idée
de sa vie. Elle avait enfin retrouvé l’inspiration
grâce à la découverte de cette salle
interdite .
Après avoir vaincu le sortilège de la sorcière,
elle retourna à la maison, couverte d’un beau
chapeau de plumes et elle écrivit l’histoire
la plus fascinante de toute sa vie …
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